La construction de la Batterie de la Pointe

Les traités conclus suite à la défaite de 1870 imposaient à la France, outre une rectification de frontières avec l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine, une   dette de guerre de 5 milliards de francs or avec occupation partielle du territoire tant que cette dette ne serait pas réglée et en conséquence l’impossibilité de reconstituer des défenses. Ce n’est donc qu’après versement de la dernière échéance que la loi sur les nouveaux forts de Paris a pu être promulguée le 27 mars 1874. Entre temps, les états majors s’étaient préparés et dès août 1873  l’ordre d’étudier l’ouvrage de la Batterie de la Pointe avait été donné. Les travaux de construction ont ainsi pu commencer en septembre 1874. Ils se sont achevés en 1879.

Des aménagements ont ensuite été apportés jusqu’en 1900 comme l’indique le « Registre d’attachement » ou recueil de plans de la Batterie (documentation Attila). Ils ont porté principalement sur la mise en place de circulations protégées (tunnels) entre le centre de vie et les défenses des fossés, le renforcement de voûtes de contrescarpes, le drainage des eaux pluviales…

Après 1900,  ces fortifications étant jugées trop vulnérables et leur renforcement par du béton armé trop coûteux, seul leur entretien a été assuré. Leurs fonctions avaient en effet été réduites à celles de casernements ou dépôts de munitions pour des batteries de canons dispersées dans le voisinage.

C’est à partir de 1947 que le CNET,  Centre National des Études de Télécommunications a aménagé les casernements et construit sur le cavalier en partie supérieure des laboratoires et bureaux donnant au site son aspect présent. Il a aussi installé dans l’ancienne citerne une chambre sourde pour essais acoustiques.

Coût Batterie de la Pointe

Coût Batterie de la Pointe

Le coût des travaux de construction a été estimé à 626 096 francs et l’acquisition des parcelles de terrain à 27 444 francs. Par comparaison, le coût du fort de Palaiseau (l’un des plus vastes alors construits) et de ses deux batteries aura été de 5,45 millions de francs sachant que simultanément auront été construits en France 166 forts, 250 batteries et 43 autres ouvrages dont 19 forts, 41 batteries et 4 redoutes autour de Paris et ce pour un montant global de 450 millions de francs. La conversion des francs or de l’époque en euros d’aujourd’hui pourrait prêter à controverses. On se limitera ici à une simple comparaison : en flux annuel cette dépense représentait à l’époque environ 0,7 % d’un budget dépenses annuelles de 13 milliards de francs. C’est dans l’ordre de grandeur de ce que consacre aujourd’hui la France à sa force de frappe (estimation 2,5 milliards d’euros pou

r un budget de 300 milliards d’euros soit 0,8 % ).

C’est le Génie militaire qui a conduit les travaux pour la plupart confiés à des entreprises. Une partie de ceux-ci a été effectuée par la troupe mais il a été nécessaire de faire venir des ouvriers de toute la France et on a même employé des repris de justice. La population de Palaiseau alors voisine de 2 000 habitants a durant ces cinq années pratiquement doublé.

Le matériau de base a été la meulière extraite des carrières toutes proches devenues maintenant les « clos » du quartier des Joncherettes.

Les outils de base étaient alors la pioche, la pelle et la brouette. On en a l’illustration avec la série de photos de la construction du fort de Palaiseau en1879. (photos mises à disposition par Liliane Marceau Musée du Hurepoix).