Les grandes fermes

Le sol fertile du plateau a permis l’implantation de grands domaines avec leurs fermes. Trois d’entre elles ont particulièrement marqué l’histoire de Palaiseau : les granges, la Vauve et Villebois. Leur installation date certainement de la période gallo-romaine.
Situation fermesCes grandes fermes, constituent de véritables points forts dans le paysage. Le minéral (sol pavé de grès, toitures de tuiles, murs en moellons de meulière), le végétal et l’eau en sont trois éléments constitutifs. Les bâtiments et leur masse de pierre sont en effet indissociables d’éléments végétaux structurants (alignements d’arbres, haies …) et de points d’eau indispensables (mares, abreuvoirs).
Comme toutes les grandes fermes de l’époque, la cour en est l’élément central autour de laquelle se concentrent les bâtiments nécessaires au bon fonctionnement de la ferme :
1. Loger les hommes : le logis du fermier et des employés,
2. Stocker les denrées et les récoltes : les greniers et les granges,
3. Abriter les animaux sous les greniers : étables, écuries, bergeries,
4. Ranger le matériel : les charretteries

La ferme des granges

Elle est mentionnée pour la première fois en 1090 : les chanoines régulier de St Victoire de Paris avaient reçu du Doyen de Chatenay une dîme à prendre sur les Granges de Paloisel. Dès 1161, elle appartient au seigneur de Palaiseau, Ferry, puis passe entre les mains de nombreux propriétaires, églises, confréries, abbayes, seigneurs locaux ou autres (Louis XV), et habitants du village. Par deux fois, elle est saisie : en 1591, par Henri IV pour rébellion envers le roi par l’abbé de St Geneviève, en 1791 pour « émigration constatée » du Prince de Condé, seigneur de Palaiseau.
En 1794, une partie fut vendue à OBERKAMPF, créateur de la première manufacture de toile imprimée (indienne) à Jouy-en-Josas.
En 1893, elle est divisée en deux parties : la ferme est exploitée par M. FANON qui acquiert la partie située sur le chemin de Saclay tandis que l’autre partie, en face du Bois d’Ardenay, est acquise par les Établissements VILMORIN. Elle fut réunie à nouveau sous l’égide du Ministère de l’Agriculture. Elle est à ce jour propriété de la CAPS.
Dès 1502, la métairie des Granges était reliée directement à la Martinière par une voie nommée «  Le Grand Chemin de Château Fort », puis « Chemin de la Vauve aux Granges » qui existe toujours mais a été coupé par la construction de l’École Polytechnique.

 

La ferme de la Vauve

Son nom viendrait peut-être de la « Vouivre » qui serait une divinité gauloise.
Elle est mentionnée pour la première fois en 1388 dans le livre des recettes des Fonds de l’abbaye de St Eloi. Parmi les propriétaires, on retrouve les  châtelains de Palaiseau et en particulier la famille des HARVILLE à partir de 1436. En 1758, Charles Joaquim Rouault de GAMACHE, un des petits-fils, la vend à Louis XV qui l’échangera avec Mlle de Sens. En 1765, le Prince de Condé en hérite. Il émigre en 1789 et ses biens sont confisqués. C’est ainsi que la Vauve fut vendue en plusieurs lots dont le principal (279 arpents) fut adjugé à OBERKAMPF, créateur de la première manufacture de toile imprimée (indienne) à Jouy-en-Josas. Elle resta dans la famille jusqu’en 1882. En 1885, elle devint propriété de la famille ISAMBERT. En 1970, une grande partie de ses terrains est affectée à la construction de l’Ecole Polytechnique.
Une maquette se trouve au musée du Hurepoix ainsi qu’une belle collection d’outils de la fin du dix neuvième siècle.